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Qu’est ce que « les émissions financées » ?

Qu’est ce que les émissions financées ? 

Les activités d’une entreprise peuvent être très diverses, et la nature de certaines les rendent parfois difficiles à intégrer dans un bilan carbone. C’est le cas par exemple des activités financières

Pour prendre en compte leur impact carbone, on se réfère au chapitre 15 du GHG Protocol. Celui-ci définit la notion d’émissions financées, qui signifie qu’un fonds d’investissement qui prend des parts dans une entreprise est responsable des émissions de gaz à effet de serre de celle-ci proportionnellement à son investissement. 

Comment calculer ses émissions financées ? Pourquoi faut-il les limiter ? Comment diminuer l’exposition de son fonds ou de son entreprise à l’intensité carbone ? Cet article est là pour répondre à toutes vos questions sur les émissions financées.  

Les émissions financées et le chapitre 15 du GHG Protocol 

Qu’est-ce que le GHG Protocol ? 

Le Greenhouse Gas (GHG) Protocol a été établi en 1998. Il s’agit d’un standard destiné à aider les entreprises à identifier et calculer leurs principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Son principe est très proche de la méthode Bilan Carbone, mais le GHG Protocol s’adresse à un public largement plus international.

Ces émissions, directes ou indirectes, sont divisées en trois scopes, selon leur origine. Les déterminer permet à l’entreprise de trouver des solutions afin de les réduire et limiter son impact climatique. 

Le bilan carbone d’une entreprise intègre donc les émissions indirectement liées à son activité, et notamment les activités qui se rapportent au domaine de la finance. Elles sont étudiées dans le chapitre 15 du GHG Protocol.

De quoi traite le chapitre 15 du GHG Protocol ?

Le GHG Protocol divise le scope 3 en 15 catégories. Le chapitre 15 s’intitule « Investments » et s’applique aux banques et sociétés d’investissement.

Il définit les émissions financées, c’est-à-dire des émissions indirectes qui ne sont pas générées directement par l’entreprise en question mais par l’activité d’entreprises dans lesquelles elle a des parts. Elle doit intégrer ces émissions dans sa stratégie de réduction de GES.

Exemple : un fonds d’investissement prend des parts dans une entreprise qui produit du béton. Les activités directes du fonds (qui sont essentiellement des activités de bureau) ont une faible empreinte carbone. 

Néanmoins, selon le chapitre 15 du GHG Protocol, le fonds doit intégrer dans son bilan carbone les émissions de GES qu’il finance, c’est-à-dire celles générées par les entreprises dans lesquelles il détient des parts. Aussi, le fait de posséder des actifs dans l’entreprise de béton alourdira son impact climatique.

De la même façon, une banque qui prête à une entreprise qui produit du GES, elle aussi, porte indirectement une partie de l’empreinte carbone de cette entreprise. 

Cette méthode d’intégration des activités financières dans l’empreinte carbone d’une entreprise prend donc en compte à la fois la détention d’equity (les actifs possédés, le capital investi) et de dettes.

Néanmoins, un fonds doit-il intégrer la totalité des émissions d’une entreprise, dont il ne détient par exemple que 10% des parts ? La réponse est non, un fonds ne porte l’empreinte carbone d’une entreprise qu’à hauteur de son investissement. Pour calculer sa part, on utilise la clé d’allocation

Qu’est-ce que la clé d’allocation ? 

La clé d’allocation est une méthode de ventilation des coûts indirects. Dans le cas de l’impact carbone, elle permet de déterminer l’empreinte d’un fonds en fonction du financement de chacune des entreprises dans lesquelles il est impliqué. 

Par exemple, un fonds qui prête de l’argent à une entreprise ou investit dedans ne porte pas l’intégralité du bilan carbone de l’entreprise cible. On considère qu’il porte seulement une empreinte carbone relative à son investissement ou à son prêt. Si les actifs détenus par le fonds sont de 20%, alors le fonds aura à sa charge 20% de la catégorie 15 du GHG Protocol. 

C’est le Partnership for Carbon Accounting Financials (PCAF) qui définit ces clés d’allocations. Le PCAF est une initiative du secteur financier dont l’objectif est de mettre en place un standard international d’évaluation et de calcul des émissions de gaz à effet de serre dans le domaine des prêts et investissements. 

Pour calculer la clé d’allocation, on fait donc le ratio entre le capital investi par le fonds ou la dette qu’il détient, par rapport à la valeur totale de l’entreprise. On applique ensuite ce ratio aux émissions que dégage l’entreprise visée. 

Les indicateurs de mesure de l’intensité carbone des activités d’un fonds

Plusieurs indicateurs permettent de mesurer la carbonation des activités financières d’un fonds, notamment le WACI.

Le WACI

 

Le Weighted average carbon intensity (WACI) est une mesure qui permet de calculer l’exposition carbone du fonds. Cet indicateur mesure en effet l’intensité carbone moyenne des actifs détenus par le fonds, et est exprimé en tCO2e / m€ de chiffre d’affaires.

Sa formule est la suivante : 

WACI = (émissions totales de l’entreprise / chiffre d’affaires de l’entreprise) * part du montant total investi par le fonds dans cette entreprise.

La part du montant total investi par le fonds dans une entreprise correspond au montant investi par le fonds dans cette entreprise divisé par le total des montants investis par le fonds pour l’ensemble de ses investissements. 

Quels sont les risques d’une exposition trop élevée de votre portefeuille à l’intensité carbone ? 

Posséder un portefeuille carboné expose votre fonds ou votre entreprise à plusieurs risques. En particulier, les réglementations destinées à lutter contre le changement climatique (normes environnementales, taxes) se sont accrues ces dernières années et seront encore plus sévères à l’avenir. 

Celles-ci peuvent être sources de surcoûts pour les entreprises polluantes, avec pour objectif de les contraindre à adapter leurs activités, et peuvent avoir pour conséquence de diminuer leur chiffre d’affaires. Votre portefeuille peut donc s’en trouver affecté. 

Au-delà de ça, l’exposition au risque carbone est souvent très corrélée à l’exposition au risque de hausse des prix de l’énergie et des matières premières, qui représente un risque financier de plus en plus concret pour beaucoup d’entreprises.

Pour connaître votre exposition à l’intensité carbone, deux éléments sont à prendre en compte : 

  • Dans quelle entreprise est effectué l’investissement 
  • Ce que représente chaque investissement sur le total de votre portefeuille

Par exemple, posséder 80% d’une entreprise de béton qui a une forte empreinte carbone peut fortement accroître votre intensité carbone. Néanmoins, si les parts de cette entreprise ne représentent que 5% du total de votre portefeuille, le risque est limité. 

Il est donc essentiel, pour connaître votre exposition, de réaliser une étude fine de l’empreinte carbone de chaque entreprise afin de déterminer ce que représente chacune sur le total de votre portefeuille.  

Comment carbometrix peut vous aider à calculer et diminuer vos émissions financées ?

 

carbometrix vous aide à calculer et réduire vos émissions financées en se fondant sur deux éléments principaux :

  • carbometrix calcule l’empreinte carbone totale des entreprises dans lesquelles vous investissez. Il inclut le scope 3, qui concerne les émissions indirectes. carbometrix peut vous fournir un rapport détaillé de l’empreinte carbone respective de chaque entreprise dans laquelle vous détenez des parts, afin de déterminer l’exposition à l’intensité carbone de votre fonds ou de votre entreprise. carbometrix peut aider vos participations à diminuer leur empreinte carbone, et ainsi, celle de votre fonds.
  • carbometrix peut ensuite produire votre tableau des émissions financées, afin de mieux informer vos décisions d’investissement.  
  • carbometrix peut aussi faire levier sur des moyennes sectorielles afin de vous aider à produire des tableaux d’émissions financées intermédiaires. 

Vous souhaitez calculer vos émissions financées ? Contactez-nous aujourd’hui !